de Phil de AFESH le Mar Oct 31, 2006 2:25 am
Pour répondre à Étienne, euh oui..., on arrive à voir des consensus. Lors du dernier Congrès par exemple, nous avions quelques options de revendications à adopter pour la plate-forme et nous nous sommes tous entendus sur la revendication à prioriser et grosso-modo sur le libellé à proposer.
De toute façon, les caucus non-mixte n'ont pas comme objectif d'obtenir un "consensus" femmes et un "consenssus" hommes, mais bien de susciter le débat entre femmes, et entre hommes, sur une question particulière. C'est parfois que les perspectives et les questionnements soulevés par chacun des caucus ne seront pas les mêmes face à un enjeu identique et cela favorisera les échanges une fois de retour en Congrès, lorsque chacun des caucus aura mis sur la table les arguments évoqués du côté femme et du côté homme. Cela fait ressortir des éléments qui ne seraient peut-être pas ressortis autrement.
Je parlerai ici des caucus hommes...étant moi-même un homme (et, par définition, n'ayant jamais vécu un caucus femmes), dans certains contextes (dépendant de l'enjeu ou de la question soumise en caucus), cela permet aux hommes de s'exprimer plus ouvertement sur leur démarche personnelle, sur leur lecture du patriarcat, sur leur vision du féminisme, sur les moyens qu'ils se donnent pour ne pas reproduire telle ou telle attitude. Ce sont parfois des discussions très riches qu'on ne pourrait jamais avoir en Congrès. C'est très intéressant d'entendre les autres et je suis d'avis que c'est très enrichissant, par exemple, pour les nouveaux exécutants du collégial (ceux qui sortent du secondaire), de voir des hommes, et non pas seulement des femmes féministes, être critiques envers le patriarcat.
Pour répondre à Antoine, il n'est pas nécessairement faux de dire que les femmes doivent prendre leur place, mais encore faut-il qu'une place leur soit faite. L'espace d'échange est souvent occupée par l'homme de façon traditionnelle et la femme a été éduquée culturellement à ne pas nécessairement prendre sa place dans cet espace de débat. Comme dirait Bourdieu, cela relève de l'habitus. C'est-à-dire que la structure du patriarcat a structuré la femme à agir de telle ou telle façon et cela structure sa façon d'agir. Bourdieu parle de "structure structurée structurante". Bon, je voulais pas donner un cours, mais bon. De façon caricaturale, si je reprends le sens de ton propos, c'est comme de dire à un esclave : "si t'es pas content, dis-le". Il faut comprendre qu'il y a une oppression et que celle-ci a un tel poids qu'il sera très difficile pour l'esclave de protester. Mais bon, je dis ça grossièrement et je devrais élaborer un peu plus j'en conviens.
Philippe Marchand, ex exec de l'AFESH, de retour à la liberté (relative) dans son statut d'étudiant.