Sans révéler la situation financière complète, ma mère gagne 70 000$ brut par année. Elle est fonctionnaire à Revenu Canada. Mon beau-père a du chômage et est en formation en informatique pour apprendre l'environnement windows. Je suis de la classe moyenne, mais je ne suis pas hyper riche. Personne dans ma famille ne voyage sauf moi, une fois par année, à New York City l'an passé et à Boston en mars prochain. Cela coûte environ 430$ à mes parents (argent de poche inclu). Ce qui est merveillueux, c'est la force du dollar canadien et la faiblesse du dollar américain. Cela coûte moins cher à mes parents. Ma mère ne reçoit pas de pension alimentaire. Oui, je me suis déjà inquiétée de si on allait pouvoir vivre. Ma mère a failli perdre sa job avec les délires de mon oncle, qui est un "Bougon".
C'est à peu près ce que j'illustrais par bonne classe moyenne. Tu n'as jamais été réellement inquiétée ou eu à subir les effets de la pauvreté. Autre petite question: école publique ou privée?
Dans le monde réel, la richesse se crée. C'est un processus de sueur qui est toujours à reccommencer. Cela n'a pas l'air de rentrer dans la tête des gauchistes... En passant, selon l'IMF et The club for growth, l'écart entre les pays riches et les pays pauvres se rétricie d'année en année. Je t'invite à faire tes petites recherches et à trouver les chiffres où je les ai trouvé. Bonne recherche!
Pour une seconde, donc dernière, fois: la richesse ne se créée pas, elle se produit. Tout découle de la production. S'il n'y a pas production, il n'y a pas de biens, à la base. Elle ne va pas se créer magiquement, simplement parce que nous sommes vivants. Pour qu'il y ait production, il doit y avoir travail, donc labeur, ce que tu sembles reconnaître, évoquant la sueur. La spéculation boursière, ce n'est pas la création de richesses. D'un point de vue général, je te dirais que les gauchistes en connaissent un bon rayon sur le travail puisqu'ils proviennent, la plupart du temps, de milieux plus pauvres, plus "prolétaires" (bien que ce soit largement moins vrai qu'avant).
Pour ce qui est de l'autre partie, je ne reconnais pas le Club for Growth comme source crédible. Ni le Cato Institute, d'ailleurs. Ce sont des organes de propagande, payés et financés entièrement par de grandes entreprises, avec des visées simples et avouées. C'est un peu comme si je t'avais copié des bulletins de la Pravda pour te dresser la situation en URSS, à l'époque.
Mais je reconnais ton argument, qui passe à côté du mien, soit dit en passant. L'écart entre les pays pauvres et les pays riches rétrécie, en proportion et si on ne se fie uniquement qu'au PIB. Or, ce n'était absolument pas mon argument et, même, c'est justement ce que je reprochais au PIB précédemment: il ne tient en rien compte de la répartition de la richesse. Ce ne sont pas de pays dont je parlais mais de couches sociales et économiques: les pauvres sont plus pauvres qu'avant et les riches bien plus riches. À dire vrai, les plus riches n'ont jamais été aussi riches qu'aujourd'hui et les robber barons d'autrefois rougiraient devant l'accumulation indécente de valeurs de la part du 0,1% le plus riche de la planète. En somme, ce que je disais, c'est que l'écart entre les pauvres et les riches augmente.
Moi, au moins, je respecte l'oeuvre de Marx. Je respecte ces idées car ces intenttions étaient nobles. Tout comme Friedman. Moi, je n'insulte pas Marx sur tout les toits, comme tu fais avec Milton Friedman. Au moins, ma mère m'a appris à respecter quelqu'un dont les opinions sont différentes. Marx a des idées opposées aux miennes, mais je le respecte et reconnaît son oeuvre. Si le prix Nobel aurait existé à son époque, je crois qu'il l'aurais eu.
Incertain qu'il l'aurait eu, peu d'économistes "gauchisants" reçoivent ce prix qui est décerné par une Banque, quand même.
Pour le reste, je ne t'ai pas encore manqué singulièrement de respect, bien que ma mère n'ait rien eu à m'apprendre sur le sujet. Et si je m'oppose de manière aussi marquée à Friedman, c'est que ce qu'il défendait est abject et que j'en ai vu l'application à certains endroits et les effets que cela peut avoir.
D'un point de vue plus large, je m'oppose à tout fascisme et croit que les chemises brunes devraient toutes finir à la lanterne.
Vous voyez? Si l'Ontario est capable, nous aussi!
Les frais de scolarité en Ontario sont beaucoup plus importants qu'ici et les prêts & bourses ne parviennent absolument pas à rattraper l'écart. Le résultat et que leur accessibilité aux études post-secondaires traîne derrière la nôtre, en paramètres absolus, et que leurs finissants ont souvent davantage de dettes.
Mais oui, si l'Ontario est capable, pourquoi pas, hein...

2. Le programme de prêt et bourses serait assuré par l'état. Je devrais dire un programme de prêts sans intérêt. L'étudiant n'aura pas besoin de rembourser et l'état de payer des intérêts parce que c'est l'argent de l'état qui finance, so...
D'un, c'est augmenter largement mes dettes et donc réduire ma consommation future. D'un point de vue capitaliste, ce n'est pas fameux car je ne peux pas me permettre de grands achats (voiture, maison, investissements majeurs) pendant une plus longue période de temps. De deux, j'ai dans l'idée et comme habitude de ne pas me fier outre mesure à l'État ou au gouvernement pour faire ce qu'il promet: augmenter les frais, ça oui. Mais augmenter les prêts & bourses et abolir les intérêts post-études? Pas sûr que ça serait fait.
Mais, dans tous les cas, le problème de surendettement d'une génération reviendrait.
3. Pour ce qui attrait à qui va recevoir les bourses, le premier critère sera si l'étudiant mérite de la recevoir, avec ses résultats scolaires et sûrement d'autres facteurs semblables.
Tu es consciente que l'environnement économique a une incidence majeure et profonde sur la réussite scolaire et que, donc, un jeune provenant d'un milieu pauvre a beaucoup moins de chances de réussir qu'un jeune provenant d'un milieu riche? Attribuer des prêts & bourses selon les mérites, c'est institutionnaliser la "pauvreté de milieu", dite pauvreté de naissance. Je ne vois pas pourquoi toutE étudiantE, quelLE qu'il/elle soit, n'aurait pas droit aux prêts & bourses, dès lors qu'elle ou il est admisE à l'école en question, que ce soit au cégep ou à l'université.
D'autant plus que le mérite n'a rien à avoir avec les besoins. Va-t-on, comme tu sembles le prôner, donner moins à un étudiant qui a eu une moyenne de 73% à la fin de son secondaire qu'à un autre qui a eu 85%, alors que les besoins du premier sont supérieurs à ceux du second, qui peut bénéficier de l'aide d'une famille relativement aisée, par exemple?
Deuxièmement, on accrode une fois la bourse à l'étudiant pour un cours.
C'est déjà relativement le cas à l'université et un peu moins au cégep. Au cégep, les montants sont attribués selon que tu es temps plein ou temps partiel. À l'université, ils varient en fonction du nombre de crédits, ce qui est plus précis que le nombre de cours (certains cours pouvant être plus demandants que d'autres, par exemple).
Troisièmement, il faudra être québecois car ce sera l'ensemble du Québec qui paie pour financer le programme.
J'aurais tendance à largement diminuer les coûts pour les étudiantEs étrangÈrEs afin de favoriser le rayonnement de nos institutions, augmentant du même coup d'autant notre potentiel de recherche, en autant de domaines qu'il est possible d'en nommer. Globaliser positivement, dit-on?
Dans la même veine et autant que faire se pourrait, j'aurais tendance à donner des prêts & bourses aux étudiantEs internationaux/ales. Mais ce serait à voir selon les possibilités, je n'ai pas d'études sur la question.
Quatrièmement, en ce qui attrait aux finances de la famille du jeune, je n'en ai pas la moindre idée. Vraiment désolée.
Je t'inviterais à te documenter davantage sur le système actuel, qui est positivement grotesque sur une quantité assez importante de points.
4. Effectivement que je suis d'accord que les finances ne doivent pas être un obstacle aux études!
Déjà, un peu moins néolibérale. Un néolibéral, pur, aurait simplement spécifié qu'il est du ressort du jeune de se démarquer, soit par le mérite en visant l'obtention de bourses, soit en travaillant autant qu'il le faut pour s'assurer d'y arriver, précisant au passage que l'Éducation est un service et qu'une valeur monétaire absolue y est associée et que donc, tout cela n'est que question de liberté de marché...

Te rappelles-tu que la gratuité scolaire aux É-U est conditionnelle, i.e. pour les étudiantEs dont les parents gagnent moins de 60 000$ par année?
Il n'y a pas de gratuité scolaire aux USA. Ce mythe, répandu inutilement, ne tient pas la route face à la moindre analyse sérieuse. De un, le nombre de prêts & bourses "de gratuité" est extrêmement limité et sera versé uniquement aux "plus méritants". De deux, il est limité aux universités d'États et grands collèges. Les universités privées ont des programmes visant encore davantage le mérite académique comme mesure unique d'éligibilité. Ça n'a rien à voir avec l'accessibilité aux études.