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Le terme "blonde"

MessagePosté: Dim Juil 09, 2006 11:32 pm
de Miawe
Voilà, mon coloc parle souvent de sa "blonde". À force de le reprendre, on en est venus à avoir le débat.

Je prétendais qu'il était dégradant de rabaisser une femme à une couleur de cheveux (qui d'ailleurs n'est souvent même pas la couleur de cheveux de la femme en question). De plus, j'émettais l'hypothèse que le fait de constamment associer la "couleur" blonde à la définition d'une amoureuse/copine avait probablement pour effet de renforcer le concept de la femme "parfaite" (blonde, mince, docile, blablabla..) qui sert de modèle à toute une génération de femmes.

Lui prétendait que ce n'était qu'un terme, que les gens ne le disaient pas en pensant à la couleur de cheveux, que c'était pas pire que de dire "chum".. Bref, que je m'énervais pour rien et qu'il doutait de l'impact concret que ça pouvait avoir...

Alors je voulais lire vos avis là-dessus!

MessagePosté: Dim Juil 09, 2006 11:44 pm
de Miawe
(Euh en passant, pour la personne qui vient de voter non et toutes celles qui viendront valider l'une des deux options, j'aimerais surtout lire une réponse, avec des arguments..!)

MessagePosté: Lun Juil 10, 2006 1:09 am
de Antoine
Débat sans intérêt selon mon point de vue.

J'ai pas d'arguments à fournir. Je vois pas vraiment la différence entre blonde, copine, amoureuse ou whatever. Ça fait partie des moeurs et c'est bien la première fois que je vois que ça choque quelqu'un.

MessagePosté: Lun Juil 10, 2006 9:29 am
de NostraDanissime
Moi j'utilise copine parce que blonde, je trouve ca laid mais pas vraiment dégradant pour autant. Le fait que ma copine m'appelle " mon beigne" peut être vu comme dégradant si on pousse un peu.

MessagePosté: Lun Juil 10, 2006 10:04 am
de Andrew Koster
Alors... moi j'aime mieux blonde que copine, mais en tout cas. J'aimerait entendre ce que les femmes ont à dire là-dessus; c'est leur lutte, après tout (et avant tout).

MessagePosté: Lun Juil 10, 2006 11:31 am
de Miawe
Ben personnellement, je le vois un peu comme pour le terme "fif"... Traiter un autre gars de "fif", même si l'on ne fait pas référence à son orientation sexuelle, c'est encore de dire qu'être "fif" c'est être moins bien qu'un "vrai homme". Bref, selon moi, chaque fois que l'on traite quelqu'un de fif, ce sont les homosexuels qui mangent la claque, parce qu'on continue d'associer "qu'être fif c'est mal.."

Ou pour la féminisation! Si les mots employés n'étaient réellement que des mots, pourquoi perdrions-nous temps et énergie à vouloir féminiser nos discours? Le masculin, genre neutre, englobe tout, c'est comme ça depuis toujours, pas besoin de chercher plus loin! (Si vous êtes aussi contre la féminisation faudra avoir ce débat-là aussi :wink:)

Bref, m'est avis que d'employer le terme blonde, c'est encore d'affirmer (probablement sans le vouloir, un peu comme les gars qui ont jamais même pris conscience qu'ils pouvaient féminiser) que les femmes sont pas des femmes. Il me semble qu'il y ait tout de même une toute petite marge entre la personne avec qui je suis en couple et la couleur de cheveux qu'elle n'a probablement même pas, surtout pour désigner une personne qui se fait constamment descendre à peu près partout où c'est possible de le faire.
Et ça c'est sans compter le fait que les femmes, avant même d'êtres nommées, vont être reconnues comme étant "la copine de l'autre". (Sérieusement, même sur Wikipédia, en lisant plein de bio de femmes, ça commence souvent par "mariée à untel de xxxx à xxxx", alors que les bios d'hommes mentionnent généralement plus vers la fin la liste des femmes qu'ils ont eu... )

Sinon, je suis bien d'accord avec Andrew. Quatre gars qui me disent que "non, c'est pas si important que ça", ça ne me satisfait pas totalement... me demande bien pourquoi.. :roll: :wink:

MessagePosté: Mar Juil 11, 2006 2:31 pm
de Landvättir
Miawe, que pensez-vous du mot "chum"? Une réflexion sur ce terme serait également utile.

MessagePosté: Mar Juil 11, 2006 10:03 pm
de Greg
Personnellement, pour désigné l'être aimé :roll: , j'utilise le nom de la personne...

MessagePosté: Mar Juil 11, 2006 10:05 pm
de Miawe
Je n'emploie pas non plus le terme "chum", probablement parce qu'il va de paire avec "blonde", mais outre cela, il ne m'apparaît pas vraiment dégradant pour l'homme. Chum ne fait pas, à ce que je sache, référence à autre chose qu'à l'idée d'ami ou de copain.. Inconsciemment ou pas, l'homme interpelé au nom de chum ne se sent pas comparé ou réduit à ce qu'il n'est pas.

Prière de m'éclairer si mon analyse semble incomplète ou incohérente...

Ah et.. pas besoin de se vouvoyer! :wink:

MessagePosté: Mar Juil 11, 2006 10:23 pm
de Landvättir
Ce que je veux dire, c'est que blonde, au moins, n'a qu'une signification dans le champ lexical de la relation; alors que "chum" en a plusieurs, ce qui amène beaucoup de confusion. À la limite, l'ambiguïté peut causer des malentendus - j'en connais qui en ont déjà été victimes - qui peuvent blesser le conjoint ou la conjointe.

Mais bon... S'il fallait disserter sur chaque mot de la langue québécoise, juger s'il est décent ou pas...

À la réflexion: peut-être, mais je laisserai ça à d'autres, sans vouloir te vexer.

MessagePosté: Mar Juil 11, 2006 11:25 pm
de Mike
Elles ont toutes règlé le problème, maintenant j'use du mot Ex pour définir.

Mais en se fiant a mon petit robert de chevet, je n'ai pas trouvé la définition du mot blonde signifiant le terme tant convoité ici. Il s'agit surement d'un phénomène propre au Québec.

Ajoutons, qu'avant la lecture de ce post, je n'avait encore fait de rapprochement a ce sujet, ce qui marque le flagrant rétrograde que je suis de ne prendre conscience de la souffrance femministe, ou que le terme est accepté socialement sans autre questionement que de déterminer l'être aimé.

De plus, je ne crois pas déjà avoir choqué les dames avec qui j'ai pu vivre de l'utilisation de ce mots, aucun reproche ne m'en a été fait, malgré que je n'ai jamais dans ma vie été en couple avec une blonde de pilosité. Le terme reste plus générique, un mot passe partout.

MessagePosté: Mer Juil 12, 2006 1:20 pm
de Frankie_Boy
Mike sera-il le prochain crétin à monter sur un pont...

j'veux dire c'est quoi c'est call la de :
'Elles ont toutes règlé' pis de faire référence à ex...
Quoi? Tu t'es fait laisser là pis t'en veux à toutes les femmes maintenant?

'ce qui marque le flagrant rétrograde que je suis de ne prendre conscience de la souffrance femministe'

Les petites jokes anti-féministes ont pas leur place ici et si s'était de moi
j'te bannirais sur le champ!

'je ne crois pas déjà avoir choqué les dames avec qui j'ai pu vivre de l'utilisation de ce mots, aucun reproche ne m'en a été fait'

évidemment si tu n'as pas une copie bleu en bonne et du forme au bureau des plaintes de mike, ça t'atteint pas vraiment...

le phénomène de socilisation tu connais? Par exemple des femmes qui portent des talons-hauts, ça leur scrape les chevilles, ca leur scrape la colonne vertébrale et pourtant, plein de femmes le font! Et oui! C'est pas toujours stimuli-réflêxe la vie!

On peut dire : 'salut ça c'est ma blonde' et on peut aussi dire ; 'ostie de job de negre' et pourtant est-ce correct parce que c'est une convention sociale??? Pensez-y à deux fois et sur ce je laisserais la parole à une/des femmes parce que ça devient un peu absurde...

MessagePosté: Mer Juil 12, 2006 2:24 pm
de Berlueur
Je n'adhère pas vraiment aux critiques qui font du mot «blonde» une désignation «réductrice» (faudrait-il condamner toutes les métonymies...?) ou «dégradante». Il ne me semble pas que le mot soit jamais utilisé (ou n'ait été utilisé, historiquement) avec une intention péjorative. Je crois que c'est à ce niveau que l'essentiel se joue — l'intention. Après tout, c'est l'usage que l'on fait d'un mot qui lui donne son sens. Comparer à «nègre», qui a une lourde histoire de dépréciation/dénigration.

Cela étant dit, ce n'est pas le mot que j'utilise pour mon cas personnel. Je préfère «copine». Peut-être simplement pour faire différent. Pour fendre les cheveux en quatre, j'ajouterais que j'aime aussi l'aspect «consentement» / «interrelation» que renferme ce mot — un peu comme «mon épouse» vs «ma femme», dans un contexte de mariage.

Vous pouvez toujours essayer «dulcinée»... Quoique ça présente de fortes connotations idéalisatrices — voire fantasmagoriques (voir Don Quichotte)...

MessagePosté: Mer Juil 12, 2006 3:44 pm
de BlacKGuarD
:roll:

Je ferai une légère recherche prochaine sur l'origine du mot "blonde" et sa dérivation jusqu'à l'usage que nous en faisons à certains endroits de la grande Francophonie ( :roll: ).

Par contre, le mot "chum" vient de l'ancien anglais "chamber fellow" (ou roommate si vous préférez) et en était le diminutif. C'est peu à peu devenu commun de l'utiliser couramment en anglais pour parler d'un bon ami, d'un camarade pour une activité spécifique (my football chums). Il existe maintenant le dérivé "chummy", principalement utilisé aux USA.

Avec la libérisation des moeurs, le terme "chum" a aujourd'hui repris son ancienne connotation soit "chamber fellow", comme dans "un copain de chambrée très intime"... :roll:

Personnellement et ces considérations toutes langagières mises à part, je n'utilise ni l'un ni l'autre (ni chum ni blonde) dans le sens de copain ou copine. Pas que ce soit ou m'apparaisse nécessairement comme "dégradant" mais simplement parce que je trouve leur usage vulgaire et que j'apprécie le Beau. :P J'évite aussi l'utilisation de termes comme "bé", "beubé" ou autres "campingneries"*.

*: Lire que c'est du vocabulaire que l'on entend souvent lorsqu'on visite les campings.

MessagePosté: Mer Juil 12, 2006 8:36 pm
de Miawe
Pour ce qui est de :
"Mes blondes ne me reprochent pas de les appeler ainsi"

L'absence de critiques envers X est-elle synonyme du caractère bon et juste du X en question? L'éducation que j'ai reçue m'a appris que la femme était égale à l'homme, que nous vivions en démocratie, qu'à part pour quelques pays de l'hémisphère d'en bas, tout allait, grosso modo, bien. Et c'est le cas de la majorité des gens lorsque l'on parle politique. Sauf que, dans le concret, avec une analyse différente de celle que l'on retrouve à l'école, à la télé, dans les journaux, et dans la tête de bien des gens, les choses sont tout autrement. Je crois qu'il est possible de questionner nos habitudes et nos comportements, au-delà de savoir si d'autres nous les ont reprochés ou pas.

"C'est l'intention qui compte..."

En désaccord. S'il suffisait de bonnes intentions, l'oppression en général serait beaucoup plus facile à combattre. Cependant, et surtout dans le cas présent (l'oppression des femmes), même des hommes de bonne volonté continuent jour après jour à reproduire des comportements qui semblent normaux et anodins, autant à leurs yeux qu'à ceux des femmes qu'ils côtoient. N'en demeure pas moins que bon nombre de ces comportements contribuent plus ou moins subtilement à soutenir et à renforcer l'oppression de la femme par l'homme.

Ce n'est pas par mauvaise intention que plusieurs hommes (et femmes) ne féminisent pas, et pourtant, on s'entend généralement pour dire que l'effacement systématique de la femme derrière l'homme dans la langue pourrait difficilement ne pas influencer notre pensée, qui s'articule principalement à travers la langue en question. Il me semble qu'il en soit de même pour un terme qui limite à définir une femme par une couleur de cheveux à la mode. Non?

Ciao, companer@s..